Fils à papa

Premetto che l’articolo qui sotto fu scritto nel 2002, in Francia.
(traduzioni su richiesta)

Gea World, “le lobby des fils à papa”

Une ombre grandissante menace l’intégrité du football italien. Inquiétante, elle suscite doutes et suspicion, divisions et querelles. Pire, elle jette le soupçon sur la régularité du championnat transalpin de première division.Cette ombre porte un nom générique : conflit d’intérêts. Et un nom spécifique : Gea World, abréviation de “General Athletic”. Cette société d’agents de joueurs au capital de 1 million d’euros, fondée en septembre 2001 par les jeunes héritiers de familles influentes, est en train de se développer à une vitesse exponentielle. Minant l’équilibre précaire du microcosme footballistique par des pratiques jugées discutables d’un point de vue éthique, elle vise à l’établissement d’un dangereux monopole.

Les premiers actionnaires de la GEA furent Andrea Cragnotti, fils du patron de la Lazio Rome, et Francesca Tanzi, fille du propriétaire de l’AC Parme, qui ont ensuite rapidement cédé leurs parts. L’actuel président est Alessandro Moggi, fils de Luciano, omnipotent directeur général adjoint de la Juventus Turin. “Papa, combien tu m’achètes Di Vaio ?” Père et fils, assis sur le même divan, peuvent ainsi s’accorder sur le montant et les commissions des transferts. La Consob, organisme de contrôle boursier, a d’ailleurs manifesté son inquiétude devant le risque de “plus-values fictives” négociées en famille pour gonfler les bilans déprimés des grands du Calcio.

La fonction de directeur général est occupée par Beppe De Mita – fils de Ciriaco, président du Conseil à l’époque de Bettino Craxi –, contraint de démissionner de son poste d’attaché de presse à la Lazio Rome après sept ans de service. Il avait été dénoncé par Vicenzo Morabito, agent FIFA, qui l’accusait d’avoir tenté de lui “voler” le Yougoslave Dejan Stankovic, contacté directement dans les vestiaires du club…

IMBROGLIO POLITICO-FAMILIAL

Riccardo Calleri, ancien député de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, et fils de l’ex-président du Torino et de la Lazio, assure la vice-présidence. Parmi les associés de la première heure, on relève également le nom de Chiara Geronzi, fille du président de la puissante Banca Di Roma et journaliste au TG5, journal télévisé le plus regardé d’Italie. La quinzaine de collaborateurs zélés de la Gea World compte également Davide Lippi, fils de Marcello, actuel entraîneur de la Juventus Turin.

Cet imbroglio politico-familial sans précédent a valu à la Gea d’être rebaptisée “le lobby des fils à papa” ou “la confraternité du 10 %”, allusion ironique à l’avidité de ses dirigeants. La société n’a pas tardé à faire parler d’elle. Elle a mobilisé des commissions d’enquête, et suscité l’intérêt du magistrat turinois Raffaele Guariniello. Malgré cela, elle continue imperturbablement d’œuvrer et de facturer, en recueillant procuration sur procuration.

“La Gea exerce des pressions scandaleuses sur les joueurs, explique un agent de renom qui requiert l’anonymat. Elle pratique l’intimidation : “Si tu veux passer à la Juventus, tu dois signer chez nous…”, s’est entendu dire Davide Baiocco lorsqu’il était à Pérouse. Devinez où il joue depuis cet été ? Plusieurs de mes clients m’ont confirmé que la Gea les a appelés un lundi matin en leur disant : “Tu étais remplaçant hier, n’est-ce pas ? C’est que tu es mal conseillé, rejoins-nous et l’on saura te valoriser”…”La Gea fausse la concurrence et légitime les doutes sur la régularité du championnat : est-ce normal qu’Alessandro Nesta, défenseur du Milan AC, parle quotidiennement avec le fils du directeur de la Juventus ?

Pour soustraire ce talentueux défenseur à son ancien manager, Dario Canovi, Gea World n’a d’ailleurs pas lésiné : le jour de la signature, une limousine avec chauffeur attendait Alessandro Nesta devant son domicile. La pénalité de résolution du contrat a été versée sans broncher.

Selon des rumeurs persistantes mais difficilement vérifiables, à la veille de rencontres décisives, certains des athlètes de la Gea, membres d’équipes de second rang, auraient reçu la consigne de “ne pas trop en faire”.On estime à plus de 150 le nombre de footballeurs actuellement conseillés par la société d’Alessandro Moggi. Outre Nesta, d’autres vedettes internationales particulièrement lucratives, telles que Marco Di Vaio, Gigi Buffon, Francesco Totti ou Fabio Cannavaro, figurent déjà sur les fichiers de la Gea World, qui a l’ambition de devenir “l’équivalent du géant américain Mc Cormack – Img”. Contrairement à l’Angleterre, la réglementation italienne n’interdit pas les conflits d’intérêts puisqu’il suffit que le joueur en soit informé et paraphe un document.

L’Assoprocuratori (l’association des agents de joueurs italiens) a déjà rédigé un rapport où elle dénonçait “l’incompatibilité” de la Gea avec les exigences d’un marché concurrentiel. L’affaire fut classée sans suite. Zdenek Zeman, entraîneur de Salernes et principal dénonciateur du scandale sur le dopage dans le Calcio en 1998, a récemment déclaré que “la société du fils de Moggi influence le déroulement du championnat”. En vain. Face à la protection institutionnelle, politique et sportive dont jouit la Gea World, la peur règne et les bouches se ferment.

“C’est une affaire écœurante”, s’est contenté de déclarer Franco Carraro, le président de la Fédération italienne de football, sans pour autant donner de suite à ladite affaire. Peut-être s’est-il souvenu que son fils Luigi dirige l’institut de crédit Mediocredito Centrale, filiale de la Banca di Roma, présidée par le père de Chiara Geronzi, fondatrice de la Gea.

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